Les traditions

Le bouquet de glaïeuls

Il est de tra­di­tion d’of­frir à la maî­tresse de mai­son un bou­quet de glaïeuls aux cou­leurs de la ville (jaune, blanc, vio­let). Il s’a­git d’une tra­di­tion assez récente, appa­rue dans les années 1980. Les glaïeuls sont des fleurs de sai­sons aux mul­tiples colo­ris. Le fleu­ristes en ont fait un pro­duit de ducasse, adop­té par la popu­la­tion.

Recette de la tarte Gouyasse

Pen­dant la période de fête, on déguste la « tarte à mas­teilles » ou « tarte Gouyasse ». L’origine de cette tarte se perd dans les brumes de l’histoire. L’existence d’une tarte d’Ath est attes­tée en 1529. En 1810, c’est la pre­mière men­tion d’une tarte Goliath. Chaque famille a sa recette, ses pro­por­tions d’in­gré­dients. Le moment pri­vi­lé­gié pour la dégus­ta­tion de la tarte à mas­teilles est, sans conteste, les ins­tants qui suivent le com­bat entre David et Goliath. On l’ac­com­pagne d’un verre de vin de Bour­gogne. Le « vrai » Athois n’en man­ge­ra que jus­qu’au « 8 de sep­tembre » et atten­dra la pro­chaine ducasse pour la dégus­ter à nou­veau.

Ingré­dients

  • 4 grandes mas­teilles ou 7 petites
  • 200 g. de sucre
  • 1 litre de lait
  • 5 œufs
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • 100 gr. de maca­rons (pas au coco)
  • 30 gr. d’amandes douces
  • 10 gr. d’amandes amères émon­dées

Pré­pa­ra­tion

  1. Cas­ser les mas­teilles sans les émiet­ter
  2. Les sau­pou­drer avec les amandes pilées, le sucre vanillé et les maca­rons cas­sés
  3. Bouillir le lait avec le sucre puis ver­ser sur les mas­teilles et lais­ser refroi­dir le tout (± 6 heures)
  4. Mélan­ger les jaunes d’œuf à la pré­pa­ra­tion
  5. Battre les blancs et les inté­grer à la pré­pa­ra­tion
  6. Éta­ler le tout sur la pâte (feuille­tée de pré­fé­rence, mais pas trop légère)

Cuis­son:

¾ d’heure à tem­pé­ra­ture moyenne

A ser­vir avec un verre de Bour­gogne

Mas­tèle, mas­telle ou mas­teille (n. f.) d’origine picarde, autre­fois was­telle : petit pain sec, arron­di, plat et cro­quant.

Le souper aux moules

Le « 8 de sep­tembre », on mange des moules dans les cafés, res­tau­rants et sièges d’associations. Ce sou­per aux moules a une ori­gine incer­taine. Une tra­di­tion, pro­ba­ble­ment fan­tai­siste, raconte que dans les années 1930, « Mou­moule », pois­son­nier à Ath, était reve­nu de la Côte belge avec sa char­rette à chiens pleine de moules. En état d’é­brié­té avan­cée, il se serait mis à dis­tri­buer les moules sur la Grand-Place. Depuis ce jour, les Athois per­pé­tue­raient cet évé­ne­ment. Plus pro­saï­que­ment et plus sérieu­se­ment, on peut esti­mer que jadis, il fal­lait quelques jours pour ache­mi­ner les moules de la côte vers la ville. Sep­tembre étant le pre­mier mois en « r », on pro­fi­tait de la fin de la fête pour dégus­ter ce mets très appré­cié dont on avait été pri­vé depuis mai. On peut rap­pro­cher cette cou­tume du plat tra­di­tion­nel de la bra­de­rie de Lille, qui a lieu le pre­mier week-end de sep­tembre.

Le tir à l’arc

Le tir à l’arc, sport tra­di­tion­nel, a tou­jours fait par­tie des céré­mo­nies. Les confré­ries d’ar­chers (Saint-Sébas­tien, Saint-Nico­las et Sainte Chris­tine) par­ti­ci­paient sous l’An­cien Régime, à la défense de la ville. Ils mar­chaient dans la pro­ces­sion aux côtés du géant Tirant au moins depuis le xviiie siècle. Au début du xixe siècle, il y avait deux socié­tés d’ar­chers : l’Assomption, fon­dée en 1802, qui uti­li­sait la perche de l’Es­pla­nade et l’Union, qui tirait au ber­ceau, c’est-à-dire, à la cible. Le tir du bourg­mestre se déroule tou­jours le ven­dre­di dans le cadre de la ducasse. Un deuxième tour­noi, orga­ni­sé comme le pre­mier par la Socié­té royale les archers St-Nico­las d’Ir­chon­welz a lieu le lun­di de la ducasse. Les prix sont pla­cés sur une herse qui est his­sée en haut d’un mât.

Le jeu de balle

Le jeu de balle est avec le tir à l’arc, le sport le plus pra­ti­qué pen­dant la ducasse. Il est attes­té à Ath depuis le xve siècle. Les règle­ments du début du xixe siècle laissent à pen­ser qu’il s’a­git de balle pelote. À cette époque, les équipes ne sont pas consti­tuées mais regroupent des joueurs par quar­tiers ou par vil­lages. Il n’y a pas de cham­pion­nat orga­ni­sé. De nos jours, la finale du « Grand prix de la ville d’Ath » a lieu le 8 sep­tembre, der­nier jour de la ducasse, depuis 1857. Des équipes de renom s’y affrontent devant un public aver­ti et pas­sion­né.

Le lâcher de ballons

Un lâcher de bal­lon exis­tait déjà dans les années 1840. Un bal­lon lumi­neux était lâché après le bal de la Socié­té Phil­har­mo­nique d’Ath (créée en 1783). Vers 1850, lorsque la fête devint com­mu­nale, les auto­ri­tés la prirent en charge. La ville four­nit le gaz des bal­lons, dont le volume a pu atteindre 900 m³. À la fin du xixe siècle, c’est sur l’Es­pla­nade que le bal­lon est lâché. L’af­fiche offi­cielle des Fêtes com­mu­nales de 1905 ren­seigne pour la pre­mière fois une « grande fête aéro­sta­tique ». Il fau­dra attendre les années 1920 pour que l’é­vé­ne­ment se déroule sys­té­ma­ti­que­ment, chaque année, le lun­di de la ducasse. Un seul bal­lon, gon­flé au gaz puis à l’hé­lium, s’en­vole, en début de soi­rée, avec par­fois à son bord une auto­ri­té com­mu­nale. En 1989, la fête se trans­forme en un fes­ti­val de mont­gol­fières, plus spec­ta­cu­laire et mieux appré­cié du public.

Le feu d’artifice

Un « brillant feu d’ar­ti­fice » est tiré le 3 sep­tembre 1905 à l’oc­ca­sion du 75e anni­ver­saire de la Révo­lu­tion belge. Dès 1907, le feu d’ar­ti­fice entre dans les habi­tudes. Il a lieu désor­mais le 8 sep­tembre et met un point final à la fête. En 2004, il est annu­lé en hom­mage aux pom­piers dis­pa­rus dans la catas­trophe de Ghis­len­ghien. Par contre, en 2006, un feu d’ar­ti­fice excep­tion­nel conclut le « brû­lage des mar­ronnes » pour célé­brer sa 20e édi­tion.